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Monde
29 janvier 2026
Sport et transidentité : un débat loin d’être tranché
Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé hier la Fédération française d’athlétisme (FFA) de la plainte pour « discrimination et harcèlement moral » déposée par l’athlète transgenre Halba Diouf, examinée le 12 décembre. Celle-ci estimait être empêchée de concourir dans la catégorie féminine en raison de sa transidentité. Le tribunal a jugé que la FFA appliquait la réglementation internationale, sans manifester d’hostilité envers l’identité de genre de la plaignante. Halba Diouf va faire appel de la décision.La question de la participation des femmes transgenres dans les compétitions féminines fait débat. Le Comité international olympique (CIO) défend un cadre inclusif, or les fédérations internationales adoptent des approches différentes, entre exclusion de toute personne porteuse d’un chromosome Y et inclusion totale.Sous hormonothérapie, 94 % des femmes trans affichent des taux de testostérone comparables à ceux des femmes cisgenres. Cette hormone favorise l’augmentation de la masse musculaire, du nombre de globules rouges et, à la puberté, la croissance osseuse. La force physique diminue, restant en moyenne supérieure à celle des femmes cisgenres. Le taux de globules rouges, déterminant pour l’endurance et la récupération, s’aligne sur les niveaux féminins mais une étude indique que les femmes trans ont une capacité cardio-respiratoire inférieure, en raison d’une corpulence plus importante. Si une grande taille est un avantage au basket, elle ne l’est pas dans les sports demandant une grande agilité. Dans les sports de combat ou de contact comme le rugby, le risque couru par l’adversaire cis peut être plus important, sans être systématique.À ce jour, aucune recherche ne démontre l’existence d’un avantage systématique des femmes trans en compétition. La question de l’inclusion des femmes trans doit se faire au cas par cas.Le rapport français « Transidentité et sport de haut niveau » publié en 2024 appelle les fédérations sportives françaises à se doter de règlements spécifiques et, en cas d’avantage compétitif significatif, à mettre en place un co-classement : si une personne cis arrive 4e d’une compétition derrière une personne transgenre, toutes les deux seraient déclarées 3e ex aequo, par exemple.Le débat sur la définition du sexe dans le sport concerne uniquement les femmes. Il a des conséquences également pour les femmes hyperandrogènes, intersexes ou non, obligées de prendre un traitement pour faire baisser leur taux de testostérone pour concourir. Or les hommes transgenres concourrent dans les catégories masculines sans susciter de controverse et aucune réflexion n’est menée sur la définition du sexe masculin dans le sport. Il s’agit donc de déterminer qui est une « vraie femme » et d’exercer un contrôle sur les corps féminins, perpétuant ainsi une vision binaire et figée du sexe, au mépris de la diversité des corps.

